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À Paris, Renault dégaine le premier dans la guerre de la voiture partagée

Le groupe automobile français est parvenu à formuler une offre de voitures en libre-service, quelques semaines seulement après l’annonce de la résiliation du contrat Autolib. La ville de Paris se réjouit et annonce que Renault ne sera pas le seul opérateur. PSA a d’ores et déjà déclaré qu’il allait, lui aussi, entrer dans la course.

Un Bolloré chasse l’autre à Paris ! Thierry Bolloré a divulgué, mercredi matin, aux côtés d’Anne Hidalgo, le nouveau service de mobilité qui sera lancé par Renault à partir de septembre. Celui-ci remplacera le service Autolib opéré par Vincent Bolloré.

La maire de Paris est parvenue à ne pas se tromper de prénom en s’adressant à son hôte du jour, numéro 2 de Renault, avec celui de son cousin avec qui elle est en bisbille depuis qu’elle a unilatéralement résilié le contrat Autolib, mi-juin. L’industriel breton lui réclame des centaines de millions d’euros au titre de l’exploitation déficitaire d’Autolib, mais également une compensation pour la rupture anticipée de la concession qui courait jusqu’en 2022.

Toute la gamme de voitures électriques sera déployée

En attendant, Anne Hidalgo devait trouver une solution très rapide puisque Autolib doit cesser son service au 31 juillet prochain. Renault a été le premier à dégainer une offre commerciale qui sera déployée dès septembre prochain. Cette offre devrait atteindre la flotte de 2.000 voitures en libre-service à Paris courant 2019. Renault intégrera toute sa gamme de voitures électriques, de la petite Twizy (2 places) à la Zoé (5 places), mais également des véhicules utilitaires légers (VUL) comme le Kangoo et le Master, le fourgon électrique de la marque française.

Lire aussi : Fin d’Autolib: le monde d’après…

VTC électriques, free floating, et location à durée plus longue

Mais Renault ne veut pas s’inscrire dans une stratégie mono-servicielle. Le groupe automobile français, qui s’est lancé en 2017 seulement dans les nouvelles mobilités, veut s’inscrire dans une offre plus large de mobilités. Ainsi, la marque proposera trois types de services dès septembre : une offre de VTC électriques via Marcel (racheté fin 2017) ; une offre de véhicules en libre-service en « free floating », c’est à dire non rattachés à une borne de stationnement ; enfin, une offre de location de voitures (électrique toujours) plus longue durée (pour un week end, un déménagement…).

Renault et la Ville de Paris veulent aller plus loin en établissant un « espace de dialogue » pour imaginer les mobilités de demain. Ils souhaitent « initier un groupe de travail ouvert, associant les métropoles et les entreprises, qui aura pour objet de penser collectivement l’intégration en ville des évolutions de la mobilité ». Anne Hidalgo veut inscrire cette démarche dans l’expertise du C40, le réseau qui fédère une centaine de métropoles dans le monde et qu’elle préside.

Renault revendique son gros succès à Madrid

La maire de Paris veut ainsi mettre fin à « cette opposition » entre les constructeurs et les villes qui serait, selon elle, « une caricature » de ses prises de position – « comme s’il y avait deux mondes irréconciliables ». Il est vrai que les deux parties ont mis beaucoup de temps à faire converger leurs intérêts autour des nouvelles mobilités.

La fin d’Autolib coïncide avec l’arrivée d’offres commerciales matures portées par les constructeurs automobiles. Renault revendique un gros succès de son service de voiture en libre-service à Madrid.

Le groupe PSA, qui a lancé en 2016 Free2Move, peut lui aussi s’enorgueillir d’un immense succès, celui de eMov, également dans la capitale espagnole, et qui enregistre près de 180.000 inscrits. Le groupe a d’ores et déjà indiqué qu’il allait lancer sa propre offre d’autopartage à Paris dans les prochaines semaines.

Lire aussi : Autolib : Anne Hidalgo peut-elle sortir du bourbier ?

Une diversité d’acteurs… aussi pour épargner le contribuable parisien

Paris se prépare donc à accueillir une diversité d’acteurs et pas seulement des constructeurs, puisque les loueurs (Sixt, Ubeeqo…), les sociétés de VTC, les sociétés de covoiturage, veulent se partager le gâteau qu’Autolib trustait jusqu’ici.

« La ville de Paris sera désormais un régulateur », nous explique-t-on dans l’entourage de la maire de Paris. En d’autres termes, celle-ci veut croire aux vertus de la concurrence pour améliorer le service, le populariser et le pérenniser. Christophe Najdovsky, adjoint aux transports, estime que ce nouveau schéma devrait épargner les contribuables parisiens, là où Autolib sollicitait, contractuellement, les deniers publics.

Encore moins de voitures individuelles à Paris ?

Le nouveau Paris de l’autopartage devrait donc être électrique et concurrentiel. La ville a voté une redevance de 300 euros par an et par voiture. Selon Christophe Najdovsky, qui s’appuie sur les études fournies par les constructeurs, la ville de Paris peut accueillir jusqu’à 20.000 voitures partagées.

« Un Autolib pouvait remplacer 3 ou 4 voitures individuelles, cette nouvelle offre pourra se substituer à 6 ou 7 véhicules », ajoute l’adjoint d’Anne Hidalgo.

Une aubaine pour la maire de Paris qui souhaite baisser le nombre de voitures individuelles à Paris :

« Entre 2001 et aujourd’hui, nous sommes passés d’un taux de possession de voitures des parisiens qui est passé de 50% à 34% », s’est félicitée Anne Hidalgo devant Thierry Bolloré, dont le métier historique est, précisément, de… vendre des voitures.

Source : latribune.fr

 

Renault dispose toutefois d’une avance réelle sur ses concurrents grâce à sa Zoe et ses 300 kilomètres d’autonomie. Les voitures électriques des autres constructeurs sont plus limitées. Il faut donc les recharger plus souvent.

Dans l’immédiat, les Zoe ne pourront pas faire le plein sur les bornes Autolib’. Si, sur le principe, Bolloré est d’accord pour les vendre à leur valeur nette comptable (15 à 16 millions d’euros), ce point-là sera abordé dans la négociation globale entre la Mairie de Paris et Bolloré pour fixer l’indemnisation de l’industriel lié à la résiliation du contrat. Ces discussions dureront des mois. Autre problème, ces bornes fonctionnaient avec un logiciel développé par Bolloré qui n’a pas prévu de le vendre. La collectivité devra donc en concevoir un autre.

Pour les utilisateurs, le lancement de ces nouveaux services d’autopartage électrique ne devrait pas compenser l’arrêt d’Autolib’. Il n’est pas sûr que les clients de PSA et de Renault puissent réserver une place de parking à l’arrivée de leur course, un des points forts d’Autolib’. En plus, en additionnant les voitures déployées par Renault et PSA, on arrive à 2500 contre 4000 pour Autolib’. Enfin, on peut se demander si ces opérateurs exploiteront longtemps leur service en banlieue alors que Bolloré, qui bénéficiait de subventions, perdait de l’argent hors de Paris. Quant aux automobilistes tentés de garer leur voiture à moteur thermique sur les places libres grâce au retrait des Bluecar, ils vont déchanter. La Mairie de Paris promet des PV pour stationnement illicite.

Attendons de voir comment les Parisiens vont accueillir cette nouvelle : est ce le début d’un nouveau fiasco ? ou une bonne idée ?

400 km de bouchons en IDF matin et soir!
De grandes difficultés à se garer, même en banlieue…
Voici pourquoi la voiture individuelle, électrique ou pas, partagée ou non, aura peut -être du mal à marcher !

La mairie devra adapter sa politique de stationnement (prix et lutte contre la fraude) pour que des places soient disponibles partout en permanence.

Sans stationnement réservé, il faudra que la Mairie réserve au moins 50% des places de stationnement dans chaque rue pour les nouvelles voitures Renault en autopartage et en free floating.

Dans les villes, les pistes cyclables doivent être aménagées partout où c’est possible, les transports en commun doivent être diversifiés ( tram, cars électrique, métro, véhicules électrique en auto partage etc ) , développés et modernisés dans un esprit de service public et avec comme objectif de permettre aux citoyens de se déplacer aisément et à très petit prix sans souci de rentabilité donc avec un complément de financement qui serait prélevé sur chaque véhicule individuel vendu plutôt que de faire payer des taxes écologiques dont on ne sait pas à quoi elles servent.

La Rédaction Delivauto.

 

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